Vie missionnaire

Voici ce que François écrit aux frères qui partent en mission à l’étranger:
« Les frères qui s’en vont ainsi peuvent vivre spirituellement de deux manières. Une manière est de ne faire ni disputes ni querelles mais d’être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu et de confesser simplement qu’ils sont chrétiens. L’autre manière est, lorsqu’ils voient que cela plaît au Seigneur, d’annoncer a Parole de Dieu pour qu’ils croient au Dieu tout puissant, Père, Fils et Saint Esprit »
(Première Règle chapitre 16)

caraibesetinfirmerie013Dès les tous débuts, la mission à l’étranger occupe une grande place dans le coeur de François; elle fait même partie de notre règle de vie. Lui-même ira rencontrer le sultan Malik al-Kamil (voir François rencontre le sultan) et les premiers frères iront prêcher jusqu’en Chine. Savais-tu que le premier évêque de Pékin était franciscain?

Notre Fraternité provinciale a aussi une riche tradition missionnaire; plusieurs frères ont consacré de nombreuses années de leur vie à l’annonce de l’Évangile en Inde, en Éthiopie, au Tchad et au Centrafrique. Récemment, des frères ont vécu des séjours missionnaires au Brésil et au Costa Rica. Au cours des prochaines années, il ne serait pas surprenant que des frères de notre Province soit appelés à soutenir l’implantation des capucins en Haïti.

 

 


2A 38 ans, mon Provincial m’a demandé de partir pour le Tchad prêter main forte à mes frères capucins qui travaillaient là en compagnie de frères français et italiens. J’ai passé 34 ans dans ce pays où j’ai surtout travaillé en paroisse, à la formation des frères tchadiens et à l’assistance spirituelle de l’Ordre Franciscain Séculier. J’ai aussi travaillé à la traduction du Nouveau Testament en langue Marba.

J’ai connu plusieurs années de guerre, au Tchad, et je retrouve la même situation ici. Opposants au gouvernement, coupeurs de routes, et bandits de tout poil (aussi dangereux les uns que les autres) menacent continuellement. De sorte que prendre la route est toujours un danger…

Les villageois sont les premières victimes de ces brutalités, ils sont continuellement menacés. Cet état de choses ne fait qu’augmenter la pauvreté et la misère du pays; les collégiens et lycéens avec lesquels je suis en contact ont trop souvent le ventre vide et se plaignent du manque d’argent pour payer leurs redevances scolaires.

Il y a trois ans, on m’a demandé de venir en Centrafrique pour vivre avec des frères italiens et polonais, dans notre maison de formation de l’après-noviciat. C’est ici que je vis actuellement avec 29 jeunes frères capucins centrafricains et tchadiens.

jean-chales-2Étant le seul francophone de l’institution, je me dois de surveiller la qualité du français. J’occupe mon temps à l’écoute des frères et à la correction des devoirs. Je travaille aussi avec des jeunes collégiens et lycéens : accompagnement spirituel, groupe d’aspirants à la vie capucine, animation de retraites…

Je aussi assistant spirituel de l’Ordre Franciscain Séculier pour le diocèse, cela me vaut deux ou trois voyages chaque année pour visiter les fraternités; jusqu’à 250 km sur des routes que je qualifierais de lunaires.

Que faire dans de telles circonstances? Écouter, sympathiser… C’est ce que j’essaie de faire chaque jour : représenter l’amour de Dieu pour les hommes.

frère Jean-Charles Côté, capucin