François invente la crèche

Quinze jours avant la fête de Noël, en décembre 1223, François se retire à Greccio à une centaine de kilomètres d’Assise. À l’approche de la fête de Noël, il charge son ami et seigneur de Greccio, Jean Velita, d’en faire les préparatifs en ces mots: « Je veux évoquer le souvenir de l’Enfant qui naquit à Béthléem, et de tous les désagréments qu’il endura dès son enfance; je veux le voir, de mes yeux de chair, tel qu’il était couché dans une mangeoire et dormant sur le foin entre un boeuf et un âne » (1 Cel. 84).

La nuit venue, les gens des alentours et des frères s’assemblengrecio1t en grand nombre, portant des torches et des lampes. Près d’un âne et d’un boeuf, une mangeoire avec de la paille a été placée. Au cours de la célébration, les personnes présentes sont invitées à s’approcher de la scène. La nuit s’illumine, nous dit Celano, « aussi délicieuse pour les animaux que pour les hommes » et résonne d’harmonie « les bois retentissaient de chants et les montagnes en répercutaient les joyeux échos » (1 Cel 85). Au cours de la célébration, François, chante l’Évangile et prêche au peuple « pour parler de la naissance du pauvre Roi » en faisant passer par sa bouche toute sa voix et tout son amour. Puis, « on célébra la messe sur la mangeoire comme autel, et le prêtre qui célébra ressentit une piété jamais éprouvée jusqu’alors » (1 Cel. 85).

La légende raconte qu’un frère vit un petit enfant endormi dans la mangeoire. François s’approcha et le prit tendrement dans ses bras. Le petit enfant s’éveilla, sourit et lui saisit la barbe. Ce frère comprit que, par son exemple et sa parole, François avait réveillé la présence du Christ qui semblait endormi dans le coeur des gens. Voilà le sens de la crèche de Noël: nous éveillé au merveilleux mystère de l’incarnation!