Sa rencontre du Christ

« François, qui vaut-il mieux servir? Le Maître ou le serviteur? »

En 1204, François a 22 ans. Il s’est remis de l’année d’emprisonnement à Pérouse. Sur le chemin d’une nouvelle campagne guerrière avec le chevalier Gauthier de Brienne, il entend la voix du Christ qui lui parle en songe. Son univers d’ambitions et de rêves chavire. De retour à Assise, il hésite entre une vie de prière et sa vie d’autrefois comme ‘Roi de la jeunesse’. Puis, sa vie prend un tournant radical lors d’une rencontre inattendue: « Le Seigneur lui-même me conduisit parmi les lépreux et je leur fis miséricorde. »croixstdamien3

C’est ainsi qu’à la fin de sa vie François nous raconte la première étape de sa conversion; la rencontre des lépreux est rencontre du Christ. Dans les lépreux il reconnaît le visage du Christ, Celui dont le désir le tourmente au coeur depuis des années. Dans les lépreux il rencontre le visage d’un Dieu pauvre, humble et crucifié par amour de l’être humain.

Au service des lépreux, « en leur faisant miséricorde », en les lavant de ses mains, en les soignant et en les servant, François apprend de l’intérieur qui est ce Dieu qui l’appelle à le suivre, ce Dieu qui s’est fait serviteur de tous en Jésus pour nous montrer la grandeur de chaque personne.

Peu de temps après, dans une chapelle délabrée de St-Damien François prie pour que Dieu vienne éclairer les ténèbres de son coeur et lui fasse sentir et connaître sa volonté. Le crucifix de style byzantin qui le fixait des ses yeux grand ouverts lui parle: « Va, François, répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines ! «   Aussitôt il entreprend de réparer la petite église, quêtant les pierres tout comme ses repas. Scandalisé, son père le traduit au tribunal de l’évêque. François pose alors le geste décisif de son existence: devant tous il remet tout ce qu’il possède et, nu devant la foule, proclame que seul Dieu est son père.

Maintenant François est libre; libre pour accueillir la Parole de Dieu et les frères qui viendront se joindre à lui.

Deux ans de solitude et d’essais divers vont le rapprocher du Jésus de l’Évangile. Un matin de 1208, à la messe, il entend l’Évangile selon Saint-Matthieu: « Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie dans vos poches, ni sac pour le voyage… En entrant dans chaque maison, dites: La paix soit avec vous ! » (Mt 10, 9-12) François bondit de joie comme si Jésus venait de l’appeler personnellement comme les apôtres. Il se met alors à parcourir les environs en annonçant l’Évangile. Il comprend ainsi que Dieu ne l’appelle pas à reconstruire des églises de pierres en ermite mais à parcourir le monde pour reconstruire la communauté de ceux et celles qui croient au Christ.

Attiré par François, des jeunes d’Assise se présentent pour vivre avec lui et comme lui. Commence ainsi le mouvement franciscain qui marquera pour toujours l’Église et la société.