Témoignages des frères

L’oeuvre missionnaire capucine en Inde(1)

Frère Rodrigue Dion

 

Frère Alain Picard

 

Musique et chants de l’Inde

 

Frère Alain Picard (audio seulement)

 

Être Capucin dans une paroisse en milieu rural(1)

Frère Gilles Frigon

 

(1) Les témoignages des frères en format audio ou vidéo ont été réalisé par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique de l’Université Laval dans le cadre de son projet d’inventaire du patrimoine immatériel religieux du Québec (IPIR). L’ensemble des témoignages des frères est disponible sur le site de l’IPIR : ipir.ulaval.ca

 

Retour d’Haïti: Frère Rolland Bergeron

Je suis parti le 19 février pour aller faire un travail pour la population, à Corail, endroit très pauvre d’Haïti là où le frère Guy Bédard a fondé une mission. Les bancs de l’église de Corail étaient inconfortables et comme ceux d’une église de Québec, soit celle de Notre-Dame-de-Pitié étaient disponibles en raison de sa fermeture, ils furent offerts au frère Guy Bédard. Pour leur transport, on a dû démonter tous ces bancs  puis les remonter à Corail. Ce fut un gros travail. Nous avons eu également des pupitres d’écoliers à remonter.

roland-1En vivant deux mois dans le village de Corail, j’ai pu constater un peu l’immense pauvreté qui règne à cet endroit. Tout le monde est dans le besoin. Les jeunes de 13 à 15 ans sont bloqués dans leurs études faute d’avoir l’argent nécessaire pour payer leurs cours; ils nous sollicitent pour les parrainer sinon c’en est fait de leur développement intellectuel. C’est un cercle vicieux: cet état de pauvreté limite les gens d’Haïti dans leur développement et la population s’appauvrit encore de plus en plus.

C’est un peuple très pieux. Dieu a une grande importance dans leur vie et le dimanche, l’église est pleine et les gens chantent avec enthousiasme. Tout le monde est fier et se présente à la messe bien propre et sur leur 36. Ils sont très accueillants et en attente de notre générosité. Nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans la mer. Il y aurait beaucoup à faire mais on est limité dans notre sensibilité et on doit se contenter de petits gestes qui sèment l’espérance chez ceux et celles qui en bénéficient.

En arrivant à Corail, nous avons été accueillis par un groupe de bénévoles qui y travaillent dont l’une est infirmière et l’autre, responsable de projets d’aide aux Haïtiens. Le lieu où nous avons vécu était confortable et nous y vivions une vie fraternelle. Moi, je m’éveillais tôt. Puis, vers 6 h 30, on  assistait à un office pour commencer la journée dans la prière. Nous étions huit et nous avions une belle fraternité qui nous aidait à bien vivre.  Deux autres personnes et moi-même formions équipe pour remonter les bancs (70) et les pupitres (133).

Je me suis enrichi de la connaissance de tout ce nouveau monde. J’ai plongé dans ce projet en m’en remettant au Seigneur.  Tout a bien fonctionné et je peux dire «MISSION ACCOMPLIE»!  Je suis revenu le 16 avril.  Je n’oublierai jamais cette belle expérience, tout ce vécu.

De la brousse africaine au transport adapté:  frère Mario Soublière

Après avoir passé 28 ans de sa vie au Tchad en Afrique, le frère Mario Soublière(Armand), capucin, s’est trouvé une nouvelle mission à Gatineau. Membre de la fraternité des Capucins de Gatineau, il a trouvé un nouveau lieu d’insertion qui lui a donné une nouvelle passion de vivre à la suite de Claire et de François.

 

Signe d’un Dieu qui accompagne

Après avoir partagé durant plusieurs années la vie, les rêves et les douleurs du peuple africain au Tchad, le frère Mario Soublière, de retour au pays, s’est mis à la recherche d’une nouvelle mission à Gatineau.  Il a d’abord fait partie d’une équipe de bénévoles, les Bons Samaritains, qui visitaient les malades dans leur maison. Il a été touché par leur situation et s’est senti très attiré par eux. Peu à peu, son action s’est insérée dans un CHSLD nommé La Pieta où il a commencé à rendre des services au niveau pastoral: donner la communion et le sacrement des malades, etc. Peu à peu, son action a pris d’autres formes. Tout en continuant ses services pastoraux, il accompagne maintenant les malades qui doivent se rendre dans une clinique ou à l’hôpital. Dans sa mission en transport adapté, il est le signe d’un Dieu qui écoute et accompagne ces personnes qui vivent l’angoisse et la solitude. Il est le signe d’un Dieu qui veille sur son peuple souffrant et il reconnaît, dans leur chemin de croix, celui de Jésus. Il aime ses longs moments d’attente où la parole se change en silence de présence.

À d’autres moments, il visite les malades dans leur chambre et leur donne la communion. Il fait même partie de la chorale…Il est devenu une personne recherchée dans ce milieu où des malades l’ont adopté et ne veulent sortir qu’avec lui…

En mission jusqu’au bout

Le frère Mario Soublière affirme qu’il est chanceux d’avoir trouvé cette perle précieuse en cette étape de sa vie. Les personnes âgées souffrent souvent de solitude et elles ont besoin d’attention et de présence. Elles attendent de la visite qui n’est pas toujours au rendez-vous. Dans une société vieillissante comme la nôtre, il y a un enjeu d’humanité important. Dans son action, il se sent proche de la vie de François et de Claire. Il est aussi conscient de vivre avec ces personnes des pages importantes de l’Évangile:«J’étais vieux et malade et vous m’avez accompagné!» Ces malades, à travers son action, se laissent dire bienheureux les pauvres.

En Afrique, il a partagé la vie d’un peuple qu’il a aimé. Il a admiré leur courage et leur solidarité dans la faim et la guerre. Maintenant, la mission continue dans un autre lieu mais avec le même souffle. Le frère Mario Soublière (Armand) est passé de la mission de la  brousse africaine à la mission du transport adapté mais c’est toujours la même séduction qui le fait vivre en mission jusqu’au bout.

Frère Benoît Fortin