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Frère Jean-Jacques Filiatrault, 1931-2020

Mis à jour : juil. 24



Décès de frère Jean-Jacques Filiatrault, capucin (1931-2020) le 26 mai dès suite de l'infection à la COVID-19.


Notre frère Jean-Jacques était apprécié de tous pour sa joie de vivre, sa simplicité, sa loyauté, sa disponibilité et sa bienveillance envers les confrères. Pasteur aussi bien que bâtisseur, il est la figure d’une vocation religieuse franciscaine épanouie et vécue avec générosité et fidélité même dans les moments de tension et de crise. Ils sont nombreux ceux qui pleurent le départ de ce grand frère !


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« Merci pour tout ce qu'il a semé dans la terre du Tchad et particulièrement dans la Tandjilé »

Frère Jean Miguina OFMCap, custode des capucins au Tchad et Centrafrique




Faut-il s’étonner que les premiers messages de sympathies reçus à l’occasion du décès de notre frère Jean-Jacques, nous soient parvenus de l’Afrique ? Non, car c’est là, dans la terre de la Tandjilé, au sud du Tchad, qu’était son cœur et que germe tout ce qu’il a semé avec enthousiasme, courage et foi.


Frère Jean-Jacques Filiatrault nait le 13 mars 1931 à Verner, petite localité agricole du nord de l’Ontario située à 40 kilomètres de North Bay tout près du lac Nipissing. La construction d’une voie ferrée à la fin du XIXe siècle par la Canadian Pacific avait attiré des colons des régions lointaines du Québec qui s’établissent dans la vallée de la rivière Veuve adaptée à des fins agricoles.


Jean-Jacques, qui reçoit au baptême le prénom de Guy, grandit dans une grande famille de 12 enfants dont il était le sixième et dont quatre sont toujours vivants : Roger, Simone, Juliette (religieuse de l’Assomption de Nicolet) et Gabriel. Le père, Armand, était cultivateur à Verner et sa mère s’appelait Delvina Legault. Trois frères de Guy choisiront la vie de Capucin, Alban (Roger), Richard (Gérard) et Francis (Louis). En 1936, affectée par la grande crise économique des années 1930, la famille déménage à North Bay où Armand trouve un emploi comme manœuvre.


Après le cours primaire dans les écoles bilingues de North Bay, Guy entre au Collège séraphique d’Ottawa en 1945. Il commence le noviciat chez les capucins à Cacouna le 14 août 1951 et reçoit alors le prénom de Jean-Jacques. Il fait la première profession le 15 août 1952 et la profession solennelle le 15 août 1955. Il suit les cours de philosophie à la maison des capucins de Montréal et ceux de théologie à la maison d’Ottawa. Il est ordonné prêtre le 5 juillet 1958 par Mgr Alexandre Carter à North Bay.




L’année suivante, Jean-Jacques est nommé au Séminaire Saint-François, à Saint-Augustin-de-Desmaures. Il y est surveillant et animateur des activités sportives.

Mais frère Jean-Jacques rêvait d’autres défis ! Le 11 juin 1962, il reçoit une obédience missionnaire et part pour la mission des Canadiens dans la Tandjilé au sud du Tchad qui avait été ouverte en 1960, au diocèse de Moundou. Après un bref séjour à Kélo auprès des populations Lélé et Marba, il est nommé missionnaire à Laï et puis curé à la fin de l’année 1962.


Après 10 ans d’expérience missionnaire, il revient brièvement au pays pour un perfectionnement à l’Institut des sciences missionnaires de l’université Saint-Paul à Ottawa (1971-1972) avant de repartir pour l’Afrique où il travaille comme curé d’abord à Béré (1972), puis à Laï (1981) et de retour à Béré (1986 à 2002), station qui avait été abandonnée en 1984 et pillée par la suite. Il y demeurera jusqu’à son retour au pays. Il occupe aussi d’autres responsabilités : pro-vicaire épiscopal de la Tandjilé (août 1973) ; vicaire général du diocèse de 1976-1978 ; conseiller de la mission (novembre 1965) ; supérieur régulier (de décembre 1986 à janvier 1990) et conseiller de la custodie (avril 1992).


Le Tchad, qui avait déclaré son indépendance en 1960, traverse à cette époque une période de troubles politiques qui auront des conséquences importantes sur les communautés chrétiennes où travaillent les frères. La raison profonde de ces conflits, selon frère Godefroy C. Dévost, était la disparité culturelle des ethnies du nord, du centre et du sud, et la volonté de domination d’un groupe sur l’autre. D’ailleurs, en 1985, frère Jean-Jacques ainsi qu’un autre confrère canadien seront pris dans une embuscade. De plus, durant la même période, des années de grandes sécheresses ont provoqué des famines importantes dans une large partie de la population que l’on ne pouvait guère soulager en raison de la désorganisation du pays.


Au cours de ses années au service de la mission, frère Jean-Jacques se dépense sans compter dans les activités d’évangélisation et de développement (creusage et installation de puits pour accès à l’eau potable, etc.) des populations qui lui étaient confiées. Avec le frère Gérard Bouchard ils se distinguent par l’organisation d’activités sportives pour les jeunes et « d’olympiades » dans les principales villes de la Tandjilé.


En reconnaissance pour ses années de service et de dévouement envers le peuple tchadien, frère Jean-Jacques est déclaré en 1995 chevalier de l’Ordre national du Tchad qui est la plus haute décoration honorifique tchadienne.



Ayant subi une intervention chirurgicale en septembre 2002 à Montréal pour l’installation d’une valve au cœur, il retourne au Tchad en février 2003 mais doit revenir au Canada dès le mois d’août en raison de problèmes cardiaques. Il est alors nommé à la fraternité de Limoilou (Québec) en novembre où il continue à rendre de nombreux services. En 2013, il est rattaché à l’infirmerie provinciale à Montréal pour un meilleur suivi médical en raison d’un cancer de la prostate. Il demeurait à la Résidence De LaSalle à Laval depuis octobre 2019.


Il est décédé à la Résidence De LaSalle le 26 mai 2020 des suites de la COVID 19. Une messe commémorative en sa mémoire et en celle d'autres frères décédés du coronavirus sera célébrée le dimanche 16 août à 10h30 à l'église Saint-François-d'Assise (20, avenue Fairmont, Ottawa). Ses funérailles seront célébrées avec celles d'autres frères également, le lundi 7 septembre à 15h00 à la Chapelle de la Réparation (3650, boul. De La Rousselière, Montréal).


Qu’il repose en paix !


Pour soutenir l’effort missionnaire des capucins dans le monde :

http://www.centremissionnairecapucin.org/



Un message de sympathie peut aussi être transmis au provcap@videotron.ca

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