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La trajectoire entre l’espérance et l’amour

Frère Jérôme Devassy, capucin


Un Indien qui interprète El condor pasa sur une flûte de pan accordée par un Canadien : c’est ce que je suis maintenant et c’est ce que mon esprit me chuchote à l’oreille depuis qu’on m’a demandé de crayonner quelques mots pour la revue saisonnière de CMST. Ma vie, qui a débuté au Kerala, où je suis né et grandi jusqu’à mon ordination presbytérale , suivi de sept ans en tant que missionnaire à l’Île Maurice, et qui se poursuit actuellement à Montréal, m’a donné l’impression que je connaîtrais une vie éparpillée dans l’hétérogénéité des philosophies et des spiritualités. Mais je me trompais.


C’est la musique qui me relie à l’Esprit universel et ce n’est qu’une de ses manifestations

Nous avons la joie de vivre en fraternité. Une transition étroite s’est opérée depuis l’origine et elle se retrouve dans la stature, le langage, voire la géographie. Comme il est paradisiaque de penser que je fais partie d’un ensemble glorieux qui a pour contenu l’amour et l’espoir!

Donc, ce qui compte, c’est la transition, une transition qui doit se produire, tout en restant dans l’Esprit universel, l’Esprit qui planait au-dessus de la surface des eaux lors de la création (Genèse 1,2) : l’amour inébranlable (2 Samuel 7,15) et l’espoir débordant (Romain 15,13).


La trajectoire est entre l’espérance et l’amour, et cela devient facile car c’est le même esprit. L’espérance que suscite l’idée que la bonté est innée des hommes, devrait nous inciter à nous aimer délibérément, et c’est l’image et la ressemblance avec lesquelles Dieu nous a créés. L’objet de l’amour est la perfection et c’est Dieu. Toute transition qu’on essaie de faire opérer sans amour, c’est-à-dire toutes les transitions par le pouvoir et l’intelligence qui brisent la chaîne de l’humanité ne connaîtront jamais cette perfection.


C’est la musique qui me relie à l’Esprit universel et ce n’est qu’une de ses manifestations : la langue, la couleur, la littérature, la foi, la technologie, y a-t-il quelque chose qui ne communique pas cela? Il faut être conscient qu’on ne peut atteindre cette perfection en restant dans une frontière, en la protégeant et même en l’élargissant (rien de politique) mais uniquement par un ensemble transitionnel. Il est inhumain de voir quelqu’un comme un étranger dans un monde où tout est connecté. La transition est universelle, car l’originalité n’est jamais absolue. Elle mène à la perfection une fois que l’accent est mis sur l’Universel.

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