Visages de frères

 

Évêque émérite du diocèse de Moundou au Tchad

(1931-2018)

À la suite de sa demande d’aller œuvrer en mission, le frère Régis reçoit une obédience du ministre général, datée du 11 juin 1962, pour la Tandjilé dans le diocèse de Moundou au Tchad, où il arrive en novembre 1962. Il est chargé du secteur de l’ethnie lélé. Il travaille auprès des Lélé jusqu’à sa nomination comme évêque. Il passe cependant deux ans à l’Institut catholique de Paris (1971-1973), pour des études en exégèse et en anthropologie. À son retour au Tchad, il est nommé responsable diocésain des catéchistes, tout en continuant de travailler au secteur lélé.

Le 19 décembre 1974, Paul VI le nomme évêque de Moundou pour succéder à Mgr Gaumain ; l’ordination a lieu le 6 avril. Elle est présidée par le délégué apostolique au Tchad, Mgr Mario Tagliaferri. Le frère Régis devient le premier et le seul, jusqu’à maintenant, des religieux de la province à devenir évêque. Ses années d’épiscopat au Tchad sont marquées par des événements politiques graves : l’assassinat du président de la République en 1975 et la guerre civile dans la capitale en 1979 et en 1980. Les répercussions dans le sud, où se trouve le diocèse de Moundou, se font sentir surtout à partir de 1982, avec l’occupation des troupes venant du nord, et sont souvent très dures. Les problèmes causés par la présence des soldats du nord continuent pendant quelques années. Durant plusieurs mois, quelques missionnaires doivent se « replier » sur Moundou ; les communautés catholiques survivent alors grâce au travail courageux des catéchistes restés sur place.

 Mgr Belzile avec le pape Jean-Paul II

(Synode des évêques, oct. 1977).

Les orientations majeures du frère Régis comme évêque de Moundou sont la formation des laïcs et leur prise en charge des

communautés chrétiennes, comme catéchistes ou conseillers dans les villages et dans les paroisses, la préparation et la

formation du clergé diocésain, et la diffusion des textes bibliques et liturgiques dans la langue des différentes ethnies. Les efforts de Mgr Belzile portent aussi sur la recherche de collaborateurs « expatriés », hommes ou femmes, afin de combler des postes devenus vacants pour différentes raisons. Les besoins en personnel concernaient l’administration du diocèse, l’extension de la première évangélisation dans des endroits encore peu rejoints et les services sociocaritatifs. Que de demandes sont faites par lettres ou par visites personnelles pour obtenir parfois peu de résultats ! Il obtient cependant la collaboration de plusieurs instituts, comme les comboniens, les pères blancs et les sœurs blanches.

Ayant démissionné, le frère Régis est remplacé en 1985 par Mgr Gabriel Balet qui sera victime d’un attentat, lors d’un vol entre le Tchad et la France en 1989. Il continue cependant à travailler dans le diocèse jusqu’en 1990. Revenu au Canada, et après quelques mois de ressourcement, il œuvre en paroisse dans le diocèse de Montréal d’abord et puis dans celui de Saint-Jean-Longueuil. À partir de 2008, il collabore à la mission du Sanctuaire du Sacré-Cœur et de Saint-Padre-Pio et à différents comités de la province. Il a particulièrement à coeur la réussite des projets de collaboration fraternelle avec d’autres provinces de l’Ordre et se montre toujours des plus accueillants envers tous les frères qui nous viennent d’ailleurs. Il est responsable de la bibliothèque franciscaine de 2011 à 2017.

Frère Régis est décédé le 4 septembre 2018 à l’âge de 87 ans. Sa dépouille sera exposée le vendredi 14 septembre à 16 h à La Chapelle de La Réparation (3650 de la Rousselière, Montréal) où un moment de prière suivra à 18 h 30. Les funérailles auront lieu au même endroit le 15 septembre à 11 h. La dépouille sera déposée au mausolée des capucins à Montréal.

 

Au début de sa vie comme capucin ses obédiences sont nombreuses et il rend service dans plusieurs domaines et dans plus d’une fraternité : enseignement de la menuiserie, cuisinier, portier, maintenance, électricien. Vers la fin des années 60, on apprécie ses talents d’économe (fraternités d’Ottawa, Esplanade et Curatteau). Il complète d’ailleurs une formation en technique des affaires en 1970. Mais, discernant un appel à devenir prêtre, il retourne aux études en théologie cette fois. De 1974 à 1976, il accompagne des jeunes de l’école secondaire Gérard-Filion de Longueuil comme membre du service de pastorale. Ordonnée prêtre le 10 avril 1976, il est ensuite nommé gardien à la fraternité Saint-Laurent de Saint-Augustin-de-Desmaures qui accueille des étudiants du Séminaire St-Augustin. En 1979, la fraternité Saint-Laurent s’établit dans le Mail Saint-Roch en Basse-Ville de Québec où il devient également assistant spirituel de l’Ordre franciscain séculier (OFS) de la région de Québec et particulièrement de la fraternité du Tau, une fraternité de jeunes. L’implantation dans un milieu modeste répond au souhait de Guy et des jeunes universitaires pensionnaires d’y vivre plus radicalement les valeurs évangéliques.  En 1987, il dirige un projet de l’OFS de Québec de fonder une mission pour laïcs dans le village de Corail, en Haïti. Il apportera son appui à cette œuvre pour le reste de sa vie active, démontrant un grand attachement à la population de Corail et se rendant plusieurs fois sur place pour accompagner des groupes de jeunes et des adultes désirant y vivre une expérience missionnaire. Grâce à l’impulsion initiale et déterminée de Guy et de nombreux collaborateurs, Mission Corail Haïti est aujourd’hui un organisme autonome qui gère une école primaire, un dispensaire et une coopérative d’habitation.  

Messe à Corail en 1987.

Pendant ces années, il demeure ouvert aux besoins de la communauté. En 1992, il devient directeur d’une maison d’accueil pour aspirants à Chicoutimi. En 1993, après plusieurs années vécues dans de petites fraternités, il accepte d’être gardien à la fraternité Saint-Charles de Limoilou, puis maître des novices, toujours à Limoilou, de 1993 à 1996.

Guy faisait preuve d’une grande détermination dans tout ce qu’il entreprenait et savait transmettre son enthousiasme à ceux qu’il côtoyait. D’un tempérament à la fois taquin, bouillant et chaleureux, on ne s’ennuyait pas à ses côtés. Il vivait sa vie intensément planifiant et réalisant sans cesse des projets. Il a fait rayonner la spiritualité de saint François dans plusieurs milieux et a fait connaître et aimer le Poverello à plusieurs centaines de personnes.

Atteint de la maladie de Parkinson depuis quelques années, il se résout en 2010 à venir vivre à l’infirmerie provinciale de la fraternité de La Réparation pour un suivi médical plus facile. C’est là qu’il s’est éteint le 30 août au matin à l’âge de 84 ans. Il sera exposé à la fraternité de La Réparation (3650, boulevard de La Rousselière, Montréal, H1A 2X9) à compter de 16h le jeudi 6 septembre où un temps de prière animé aura lieu à 18h30. Ses funérailles seront célébrées le lendemain 7 septembre à 11h au même endroit. Sa dépouille sera par la suite amenée pour la crémation et ses cendres déposées au mausolée des Capucins à Montréal.

 

Fils de Bella Guénette et Louis-Adolphe Lafleur, Jean-Claude est né à Hull le 19 juin 1937 dans une famille de 17 enfants dont il est le 16e. Il est encore tout jeune lorsque ses parents décèdent, son père en 1945 à l’âge de 49 ans et sa mère en 1950 à l’âge de 52 ans. À cette époque il aime se rendre chez les sœurs Servantes de Jésus-Marie où il sert la messe.

 

Après son cours primaire aux écoles Sainte-Anne et Reboul, il débute ses études secondaires à l’externat classique Marie-Médiatrice de Hull avant de les poursuivre au Séminaire Saint-François à Saint-Augustin-de-Desmaures. Il reçoit l’habit des Capucins à Cacouna le 14 août 1956 et prend le nom de Rémi. Il prononce ses vœux temporaires le 15 août 1957 et ses vœux solennels le 15 août 1960. Il étudie la philosophie à la maison d’étude des Capucins de Pointe-aux-Trembles, puis la théologie à Ottawa. Il est ordonné prêtre le 4 janvier 1964.

Frère Jean-Claude a consacré 40 années de sa vie à l’enseignement au Séminaire Saint-François. À partir de septembre 1964 il enseignera le français, le latin, la catéchèse et l’écologie. Il demeurera toujours très fier et très attaché à cet établissement d’enseignement secondaire fondé par les Capucins en 1952. Il y travaillait encore bénévolement comme archiviste et ne manquait aucune activité socio-culturelle ou pastorale.

Un homme cultivé et passionné

Dans le but d’obtenir une licence en lettres classiques, il participe durant les vacances scolaires à des voyages d’études historiques et archéologiques en Afrique du Nord, Égypte, France, Grèce, Italie, Terre Sainte et Turquie. Il s’intéresse en plus aux activités étudiantes comme le théâtre et, surtout, la philatélie qui deviendra sa grande passion. Il agira même à titre de Commissaire national pour le Canada lors de l’exposition internationale jeunesse Juvalux’98. Il a été maintes fois accompagnateur de groupes d’élèves lors de voyages organisés, entre autres aux États-Unis et en Europe.

 

Jean-Claude était un frère disponible et généreux ; il assumera de nombreux services et responsabilités dans notre communauté. Établi vicaire et premier conseiller le 18 septembre 1973 à la fraternité Saint-Joseph de Cap-Rouge, il y a été gardien à plusieurs reprises. Il est nommé secrétaire provincial de 2005 à 2007 et vicaire provincial de 2008 à 2011. Il a été gardien de notre fraternité de Limoilou de 2003 à 2011 avant de redevenir membre de la fraternité de Saint-Joseph. Il est renommé de famille à Limoilou en 2013.

Il servira comme vicaire dominical durant de nombreuses années dans la paroisse Saint-Félix en particulier à la chapelle de Lac-Saint-Joseph où il aimait présider des mariages. Il assumait du ministère quotidiennement auprès de communautés religieuses de la région de Québec et n’hésitait pas à remplacer les confrères au besoin. Il a mis son cœur, ses énergies et tout son idéal de religieux et de prêtre dans son ministère. Au moment de son décès, Jean-Claude avait la responsabilité d’archiviste provincial, service qu’il accomplissait avec un sens aigu de l’organisation et un amour pour notre patrimoine.

 

Homme cultivé, Jean-Claude possédait de solides connaissances dans le domaine des arts, de la littérature et de la théologie. C’était un travailleur infatigable, un perfectionniste dont rien ne venait à bout, ni le temps, ni les problèmes. Au fil des années, il maintenait des relations bénéfiques et servait comme administrateur auprès d’organismes fondés par des Capucins, notamment la maison d’entraide l’Arc-en-Ciel et l’organisme Collaboration santé internationale à Québec.

 

Il aimait raconter ses voyages dont il mettait minutieusement par écrit le récit. Il se rappelait chaque événement et prenait un grand plaisir à garder vivante l’histoire de notre province. En 2015, avec l’aide de quelques frères, il réalisera 30 affiches présentant en détails l’aventure de notre province depuis l’arrivée des capucins venus de Toulouse en 1890. C’était d’ailleurs pour lui une grande joie de pouvoir visiter Toulouse à l’occasion de ce pèlerinage en Europe.

Ses funérailles

Les funérailles de notre frère Jean-Claude Lafleur ont été célébrées le samedi 19 mai 2018 à 14h00 en l'église Saint-Fidèle du quartier Limoilou à Québec. Ses cendres ont été déposées au mausolée des capucins à la chapelle de La Réparation mardi le 22 mai.

 

Qu’il repose en paix !