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Les moules de Noël

Mis à jour : 20 déc. 2018

Par frère Benny Vincent, capucin

Texte publié dans Le Messager de Saint-Antoine, décembre 2018


Une toute petite exposition de cinq « objets d’autrefois », cachée délicatement dans un coin discret parmi de majestueux rayons de livres, a attiré mon attention dans cette bibliothèque de la vieille capitale. Si un livre est un objet, un objet pourrait, à son tour, être un livre, n’est-ce pas ?

Rangés intentionnellement à la hauteur des yeux comme des témoins fidèles « d’autrefois », ces objets deviennent à leur tour des volumes vivants qui nous murmurent de l’intemporel et de l’usure du temps. Parmi ces objets, il y avait un petit moule pour fabriquer des enfants-Jésus de cire. Difficile d’imaginer combien d’enfants-Jésus sont sortis de ces entrailles pour décorer les petites crèches de la Nouvelle-France !


Le mois de décembre est une litanie de 25 louanges qui nous conduit à la crèche de Noël. Le temps de l’Avent est comme un moule froid où Dieu verse la cire fondue de sa miséricorde pour façonner le « plus beau des enfants des hommes ». Encore cette année en tant que frères et pasteurs, la plupart d’entre nous allons être appelés à nous tenir devant les crèches de Noël dans maisons et dans nos églises. Comment allons-nous tenir devant la crèche de Noël cette année ? Est-il une façon uniquement franciscaine de nous présenter devant le crèche ? Je crois que oui !


Permettez-moi de vous raconter, au risque de le répéter, ce qui s’est passé dans la toute première crèche de l’histoire créée par saint François d’Assise à Greccio en 1223. François passa « la veillée debout devant la crèche, brisé de compassion, rempli d‘une indicible joie », nous dit frère Celano, son biographe. (1 Cel.58). Frère Celano poursuit son récit en nous écrivant que François est « devenu enfant avec l’Enfant », devant sa crèche. Devenir enfant avec l’Enfant, quelle transformation spirituelle !


Je souhaite qu’à Noël, nous recevions la grâce de nous tenir debout devant nos crèches comme le faisait notre frère François. Brisé de compassion et rempli de joie, allons à la rencontre du Seigneur! Surtout à sa rencontre parmi les personnes les plus marginalisées de notre société.

Petit à petit, Dieu va accomplir en nous le délicat travail du démoulage. Alors, de notre moule sortira une nouvelle création. Joyeux Noël et bonne année !


Frère Benny Vincent, capucin


















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